mercredi 25 septembre 2013

Bientôt la fin !



Tout ce que j’ai fait et vu en Inde, du moins dans le Texas de l’Inde, comme j’aime à appeler le Gujarat, n’a fait que me ramener plus puissamment à mon pays d’origine. J’ai vécu ce voyage sous la forme d’un exil. Alors j’y étais pour travailler, donc ce n’est pas comme si j’étais allée sur les routes, j’avais eu vraiment l’occasion de prendre du bon temps, et tout. Partir pour mieux revenir résume mon expérience ici. Pour mieux apprécier mon environnement en France, la qualité de vie, la gastronomie, les libertés individuelles. J’ai essayé, mais vraiment, je ne me suis pas habituée à la vie ici.

Il a énormément plu depuis hier, et quand il pleut, quand je dois prendre le rickshaw, j'ai l'impression d'être dans Pékin Express : difficile d'en arrêter un, ils sont tous pris ! Alors on reste au bord de la route en agitant les bras, trempés, et puis ensuite on négocie les prix... Et ce matin le rickshaw a calé dans une rue dont le bitume avait disparu sous au moins vingt centimètres d’eau. L’inégalité hommes-femmes a ceci de bon que ce sont les hommes qui sortent se mettre les pieds dans l’eau pour pousser le rickshaw, hi hi. Ici, les gens utilisent apparemment les fortes pluies comme prétexte pour ne pas aller travailler : presque tous les bureaux dans l’immeuble où je bosse étaient fermés ce matin. C’est ainsi, en Inde : tu peux être en train de bosser un samedi soir à 22h, et ne pas aller bosser en pleine semaine parce qu’il pleut. J’ai l’impression qu’ici on vit vraiment au jour le jour, sans planifier, ou si on planifie, le plan a de fortes chances de ne pas aboutir ou d’être modifié. La ponctualité est une notion inconnue. Ça a peut-être un côté rock n roll, mais dans ce contexte, c’est quelque chose que je ne parviens pas à apprécier. Je ne veux plus trop accompagner mes colocs dans les sorties le soir, notamment parce que tel resto pourra très bien être fermé, ou parce que les amis Indiens qui nous conduisent pourraient très bien insister très lourdement pour aller à tel ou tel endroit au lieu de nous ramener chez nous. Je n’aime pas non plus d’ailleurs ces restos ultra bruyants où le serveur revient toutes les deux minutes pour apporter la nouvelle tournée d’assiettes (par exemple, il revient six fois servir des parts de pizza, au lieu de les apporter toutes d’un coup), ce qui provoque encore davantage d’agitation. Profondément paradoxale, toute cette agitation, quand je repense par exemple à l’homme que j’ai vu ce matin prier devant une statue géante de Shiva hyper kitch, avec la rue bruyante et klaxonnante juste derrière. (pour les hindouistes, il n’y a pas de moment de la journée réservé à la prière, ils prient quand ils veulent, d’ailleurs on voit souvent des gens debout, face à des murs, bras tendus, et qui se semblent se triturer les doigts, en fait de loin on dirait qu’ils sont en train de pisser !) Les gens d’ici doivent être insensibles à tout cela. Eh bien c’est définitif, pas moi. J’ai besoin d’une cure de grandes étendues désertes. Le ciel et la mer. Le silence.

En attendant, je vais finir cette foutue semaine de boulot et ensuite faire mes bagages pour les plages et la bière de Goa !

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