Astronomy Picture of the Day

mercredi 2 novembre 2011

Un vieux message finalement posté :)

Une petite tartine « philosophique ». J’allais m’en excuser, mais après tout, le web c’est tribune libre, personne n’est obligé de me lire:)


It feels so quiet, being there all day long, so peaceful it is, just reading while watching a complete review of Harry Potter’s movies. I think I needed it.

Je me sens un peu seule, j’aimerais aller sur internet, mon regard accroche des détails, je m’interroge sur des mots, je retourne un problème de terminologie. La nuit tombe tôt à présent, et l’obscurité a déjà presque tout recouvert. J’ai la tête remplie de mots et de traductions. Tout l’après midi s’est déroulé comme baigné d’une lueur magique, l’automne qui s’installe et les couleurs dans les arbres qui se détachent contre ce ciel gris qui n’a pour moi rien de morose. Chaque fois il m’évoque cette envie d’enfant de me perdre, de raconter des histoires, et surtout de me perdre dans les histoires. C’est si bon de s’isoler, de sa cacher aux yeux du monde, de disparaître ne serait-ce que pour un jour... J’ai faim et la bière me monte à la tête. Un peu engourdie, je regarde le temps passer en écoutant de la musique, après avoir travaillé toute la journée. Cette vie paraît contestable aux yeux, je pense, du plus grand nombre, mais c’est celle qui me convient... Je n’arrive jamais à m’accrocher, à me concentrer tout à fait sur le « réel ». Je finis toujours par me dissiper, me diluer, me volatiliser. J’aime passer du temps juste à sentir ce qui bouge dans mes entrailles, comme une femme enceinte se délecte du moindre mouvement de la petite chose qu’elle abrite. Je me sens riche et pleine. Le quotidien, les gens, la lumière crue, les horaires, tout cela a toujours tendance à éroder ce sentiment, à vider mes veines. Alors non, je ne fais pas toujours – loin s’en faut – ce que je suis censée faire. Mais je fais presque toujours ce que j’aime faire. Petite fille gâtée ou non, au moins je ne me plains pas ! Et chaque jour je travaille à mettre au jour ce que les circonstances enfouissent comme autant de briques dans le mur. Tous les jours le mur se reconstruit, tous les jours je le démantèle. Je fais des entorses aux convenances. Je sèche des cours et ne participent pas à « la vie du groupe ». D’une certaine façon, j’ai toujours été égoïste. J’essaie de l’être dans le bon sens, c’est à dire : vivre ma vie, ne jamais abandonner ce qui m’est cher, sans pour autant penser que je suis le centre du monde. Le chemin est long dans cet apprentissage-là. Je n’ai jamais su me plier à des exigences qui me paraissent fondamentalement arbitraires. Sauf quand c’est dans mon propre intérêt. Pas pour faire plaisir aux autres, en tout cas. Pas pour me grandir dans leur regard. Bien que leur regard soit très important. Et si j’explique tout cela, c’est sans doute aussi une autre manière de me faire grandir dans leur regard. J’ai toujours haï l’auto-justification. Mais où se situe exactement la différence entre auto-justification et explication, surtout quand on essaie de faire preuve d’honnêteté ? Je suppose qu’on la sent, et qu’on est de mauvaise foi quand on ne le reconnaît pas. Pour être tout à fait honnête, donc (je garde de profondes séquelles de mon éducation morale et en partie religieuse : toute la vérité, c’est un précepte que tout un chacun fait sien, avec un degré variable d’hypocrisie) : cette réflexion est partie de mon hésitation, qui a mené à un renoncement, à aller à mon cours d’allemand cet après-midi. J’ose affirmer que toutes ces phrases joliment alignées dépassent ce concours de circonstances tout ce qu’il y a de plus banal. J’accorde de l’importance aux cours, et les sécher fait donc l’objet d’un long débat intérieur. Je me suis laissée aller à la flemme, mais aussi à mon instinct. Et j’ai passé une bonne journée.


Note pour l’écriture : il me semble parfois que je ferais mieux d’écrire des bouquins philosophico-poétiques, à la Nietzsche. Mais voilà : j’ai la manie et la prétention de vouloir raconter des histoires. Ce qu’on tirera de cela, seul l’avenir le dira.

Mon sujet à moi, mon problème, ce n’est pas de « corseter dans le glacis d’une narration » (cf Thierry Jonquet) l’horreur, l’indicible, mais plutôt l’ineffable, l’extase. Après pourrait-on m’objecter que l’horreur pure est une expérience de l’absolu. L’est-elle ? J’avoue me poser la question pour la première fois. Je veux dire, la sensation, ou plutôt l’expérience de l’absolu, est-elle nécessairement positive ? Je crois que oui pour cette raison : toutes les souffrances proviennent du moi. L’absolu dont je parle englobe et par-là même dépasse l’horreur. Mais peut-être me donnera-t-on tort ? Et peut-être pourra-t-on même dire que cette expérience de l’absolu est une illusion provenant du moi ? Si c’est le cas, peu importe, puisqu’elle permet de dépasser le moi... Ou peut-être alors je me fourvoie en imaginant me dépasser alors même que je suis engagée dans une démarche profondément narcissique... (et non, je ne suis pas fiévreuse ce soir... peut-être un peu alcoolisée... mais est-ce que je déraille pour autant ?) Mais toutes ces questions sont presque annexes, dans la mesure où je persiste et signe... Pour moi, le seul résultat qui importe, c’est ce que je vais écrire. C’est ma référence absolue. J’ai sans doute de la chance d’avoir cet étrange direction qui n’en est pas vraiment une. La seule chose que je sais, ce n’est pas que je ne sais rien, mais que je dois écrire. Cette conviction, dans son absolutisme, a quelque chose de religieux, et c’est peut-être aussi pour ça que je suis si mystique. Mais il y a autre chose : c’est que je ne me satisfais pas de réponse simple ou d’absence de réponse. Alors peut-être que finalement, la raison de ce mysticisme est très simple : en tant qu’être humain, j’extrapole sur ce que je ne peux pas comprendre... mais finalement, cette conclusion apparemment rationnelle ne me semble faire aucune différence avec la précédente. C’est une bête histoire de terminologie, encore. J’en laisse mon lecteur juge, et, étant entendu qu’un débat sur mes aspirations soit quelque peu fastidieux, je le laisse également libre de passer son chemin, ou mieux encore, d’interroger ses propres aspirations. Car comme je disais à Mathias l’autre jour, pour moi, tout ce qui compte, c’est d’être heureux. Vraiment, je ne vois pas la moindre importance à tout le reste. Jusqu’à preuve du contraire, on n’a qu’une seule vie... Et là je vois que fais exactement l’inverse du pari pascalien. Quand lui parie sur une autre vie pour bien nous conduire et nous restreindre dans cette vie, je parie sur une seule vie pour mettre en valeur celle-ci, et ne la sacrifier à rien d’autre, d’incertain ou de fantaisiste. Quel est le plus raisonnable des deux ? (sachant que cela ne fait pas de moi une hédoniste accomplie qui sacrifierait tout principe moral au plaisir, quoique l’idée soit séduisante. Mais je pense que l’ensemble des principes qu’on s’impose à soi-même, ce que j’appelle l’honneur, construit le bonheur dans le sens où on est fidèle à ses aspirations et à l’image qu’on se fait de soi-même. Il se peut qu’on soit dans l’erreur, mais respecter sa propre nature, c’est pour moi la seule façon d’être heureux... Je me sens affreusement sadienne en disant ça, vue que c’est comme ça que le marquis justifie la violence, mais il y a une part certaine de vérité là-dedans, ce qui rend sa philosophie si séduisante...)

Pour plus de précisions, pour des arguments, pour des arguties (je viens de réapprendre ce mot que j’aime bien), pour des polémiques, pour des continuations et des variations, sonner chez moi avec un pack de bière. À bon entendeur !