Astronomy Picture of the Day

samedi 1 octobre 2011

Idées en vrac et fiévreuses (au sens propre)...

.Le soir est un murmure à peine perceptible derrière les fenêtres noires. Les fantômes en farandoles se pressent sur mes vitres. Ils ne m'effraient pas, je suis juste triste en les regardant. La nostalgie... Sehnsucht... Car le mot nostalgie n'est pas suffisant pour exprimer tout ce que ce sentiment peut recouvrir. La nostalgie est aussi une attente obscure, un désir inassouvi. Je crois que quelqu'un l'a traduit par "la nostalgie de l'infini". J'aime cette expression. Pourquoi être nostalgique d'une chose qu'on ne peut concevoir ? Précisément parce que si, on peut la concevoir. Je parcours le Dream, le Rêve, le réseau des itinéraires spirituels. Quel sera mon seuil ? Les Aborigènes ont des lieux sacrés, liés à leur identité (individualité, famille, tribu), qui leurs sont propres, et qui sont des portes. Ils ont aussi des compagnons spirituels, comme les animaux de pouvoir de Don Juan (le mentor de Castaneda, pas le tombeur de ces dames...).
Quel serait mon itinéraire ? Quelle serait ma carte ?
J'en reviens à la perte de la forêt : Robert Harrisson disait dans son livre sur l'imaginaire de la forêt qu'une frontière est là pour définir ce qui reste à l'extérieur, mais aussi ce qu'il y a dedans... Par un étrange paradoxe, nous sédentaires n'avons plus de frontières. Plus d'extérieur ni d'intérieur. Livré à tous les vents. N'est-ce pas étrange, pour nous qui vivons sous un toit, le même tous les soirs ?
Je plonge de plus en plus profondément dans les mots, dans leur matière même. C'est étrange (oui, tout est étrange, et c'est bien comme ça). Des modalités d'expression, des virtualités d'expression, une richesse qu'on finit par oublier quand on se tue à trouver le mot juste, et qu'on retrouve aussi dans la même démarche. écrire, traduire, c'est à la fois retrouver et perdre le langage...
Pour ce soir je ne pourrais pas développer plus avant cette réflexion... Des fragments comme des petits cailloux jetés sur le sentier qui s'enfonce dans les bois...