Astronomy Picture of the Day

jeudi 16 septembre 2010

Je suis Mme Bovary et Don Quichotte...

...Et j'assume !
L'une des musiques que j'aime le plus avec l'un des films que j'aime le plus...



(Mis à part l'apparté à l'initiative du créateur... Chacun son point de vue :) )

Tant qu'on est dans les trucs de fan... Cette musique ne cessera de m'inspirer. Hans Zimmer est un grand, très grand.

mardi 14 septembre 2010

Nocturne II

Croix du Sud.

Lumière dorée et penchée sur la ville mettant en relief la façade classique de République. Les rues sont animées, avec des groupes de gens concentrés sur les terrasses comme un vol d'oiseau abattu sur un champ de bières. Pas toujours bonnes, ces bières, mais elles ont la fraîcheur des fins de journées,les bulles de sa légèreté. Tout à l'heure, au carrefour, j'ai vu la lumière s'épaissir dans les arbres au bout de la rue, scintillante comme du miel. Tout palpite et la soirée est tiède.

Quelques heures plus tard.

La nuit a fraîchi l'air, mais la ville reste vivante et pleine. Les gens marchent d'un pas pressé, les terrasses sont toujours remplies, mais ce sont des personnes différentes. Les bars sont chaleureux, des points d'ancrage et de lumière, des balises nocturnes où trouver un réconfort et des amis autour d'une bière.
Je regarde l'eau scintiller sous le pont, et puis ce grand bouleau planté dans le béton dont je me rappelle que l'année précédente, il avait attendu décembre pour abandonner la bataille et se dénuder totalement.
Je suis chez moi.

Rentrée à la maison, la fatigue me pèse un peu sur les épaules et forme une raideur dans mon cou, mais j'ai la musique dans la tête. j'ai hésité entre un café et une tisane, pris une tisane, et me demande si ma rêverie va me porter. Sinon, il y aura un film ou du sommeil, mais je veux laisser sa chance à la brûlure, à la blessure sensible qui crépite la nuit venue.

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Marcher sur le trottoir sans avoir les pieds sur terre. Avoir des scénarios dans la tête, des images fantastiques. Au fond de soi puiser la sérénité d'être ancré dans son corps dont les coutures craquent pourtant. On pourrait se répandre sur le béton, ou s'envoler en fumée, un corps dansant parmi les autres, que seul le souffle d'une quelconque divinité permet de connaître cet état qu'on nomme la vie. Si fragile et dérisoire, c'est aussi cela, se sentir fort : vivre comme un souffle, courant sur la terre, se mélangeant aux autres odeurs et à tous les soupirs. Savoir que rien de tout cela n'a réellement d'importance. C'est grisant. Traverser la nuit, ces quelques heures au fond desquelles appellent avec insistance le sommeil et le rêve, et se sentir léger, dérisoire, fragile, sans importance. Libre de n'être rien, et d'être tout.
J'ai toujours cette phrase idiote dans la tête, ces temps-ci : "dans la vie, faut pas s'en faire". Je pense au sourire que j'étais la seule à avoir ce matin, en cours. Je suis curieuse. Le monde satisfait ma curiosité. Je prends le temps d'être. C'est tout.

mercredi 8 septembre 2010

Nocturne...



Ça monte avec la nuit, nourri d'ombre. Les propos de Jankélévitch me donnent la chair de poule, chose tellement rare en littérature ! La musique entre en moi et me violente, mais les mots rarement parviennent à me secouer par leur seule force poétique. La dernière fois, c'était quand ? Il faudrait plutôt dire, c'était qui. Nietzsche, Généalogie de la morale. Baudelaire, encore, toujours. Henry Miller, Jean Giono. Leurs passions dionysiaques allument le feu de Dieu en moi. Alessandro Baricco, probablement, aussi.
Avez-vous déjà eu des frissons en lisant un livre ?
J'en ai eu au début de Duma Key, de Stephen King. L'acte créateur était saisi dans sa brutalité, son essence. La voix de l'écrivain débordait tellement dans celle de son personnage, j'avais l'impression qu'il me parlait directement. (c'est un livre, au passage, servi pour une fois par une bonne traduction).
Je vous offre ces mots de Jankélévitch. Je cherche, et ne lui trouve pas d'activité poétique, seulement critique et théoricien... Comme c'est étrange ! Jugez par vous-mêmes :
« L'obscurité est bonne conductrice : dans le noir toutes sortes de communications magiques se nouent entre les âmes ; et le courant n'exige plus, pour passer, des moyens termes au contact, mais il s'établit aussi immédiatement que l'éclair ; véhicule de toutes les puissances « sympathétiques » du monde, il circule entre les âmes, comme circulent, dans l'éther, les influences astrales. La nuit, c'est l'immanence. Le sabbat des qualités, qui se célèbre à minuit, rend vraisemblables les analogies les plus bizarres, les calembours et les accouplements les plus saugrenus. A minuit tout est permis ; n'importe quoi déteint sur n'importe quoi, et chaque être participe de tous les êtres. Comme l'imagination devient légère et merveilleusement absurde au clair de lune ! La voici qui gambade avec les salamandres et les esprits élémentaires dans la prairie violette, qui respire à pleine poitrine le fluide de minuit... Finis, les travaux forcés de la médiation, et la patience, et le labeur, et l'étroitesse ! L'armée immense des possibles envahit les chemins de la causalité, et les contradictoires nouent dans l'ombre toutes sortes de pactes occultes. »

« Ainsi l'âme romantique n'est plus isolée dans le monde : en revenant aux nains et aux esprits de la terre, elle a guéri la solitude où trois siècles de civilisation classique avaient laissé le romantisme français. Pour se guérir tout à fait et entendre les conseils qui viennent du fond de l'occident, il faut aimer beaucoup la nuit, la chercher même durant le jour, là où on peut la trouver, dans les forêts et dans les cathédrales. « La nuit est profonde là-bas » ; mais elle est affectueuse, transparente et fraternelle. Le mystère de la nuit ne se révèlera pas aux bourgeois qui la passent à dormir dans leur lit, mais seulement aux fantasques qui cherchent l'ombre parce qu'ils ont trop aimé la lumière. »

samedi 4 septembre 2010

Liberté égalité fraternité ?! J'aime toujours mon pays malgré tout... alors...

je viens de me rendre compte que la manif à laquelle je voulais me rendre, c'était aujourd'hui. Forcément, c'est moins médiatisé que le scandale d'avoir à travailler deux ans de plus (même si c'est plus compliqué que ça, je sais)
Je vous invite à signer l'appel...

Appel Citoyen
Face à la xénophobie et à la politique du pilori : liberté, égalité, fraternité

Signez l’appel en ligne !

Les plus hautes autorités de l’Etat ont fait le choix de jeter à la vindicte publique des catégories entières de population : Roms et Gens du voyage accusés comme les étrangers d’être des fauteurs de troubles, Français d’origine étrangère sur lesquels pèserait la menace d’être déchus de leur nationalité, parents d’enfants délinquants, etc. Voici que le président de la République accrédite aussi les vieux mensonges d’une immigration coûteuse et assimilée à la délinquance, et offre ainsi à la stigmatisation des millions de personnes en raison de leur origine ou de leur situation sociale.

Ce qui est à l’œuvre dans cette démarche ne s’inscrit pas dans le débat légitime, dans une démocratie, sur la manière d’assurer la sûreté républicaine. Le nécessaire respect de l’ordre public n’a pas à être utilisé pour créer des distinctions entre les habitants de ce pays et désigner des boucs émissaires, ni pour instituer des peines de prison automatiques, contraires aux principes fondamentaux du droit pénal, à l’indépendance de la justice et à l’individualisation des peines.

La Constitution de la France, République laïque, démocratique et sociale, assure « l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ».

Nul, pas plus les élus de la nation que quiconque, n’a le droit de fouler au pied la Constitution et les principes les plus fondamentaux de la République.

Notre conscience nous interdit de nous taire et de laisser faire ce qui conduit à mettre en péril la paix civile.

Nous appelons à une manifestation le samedi 4 septembre 2010, place de la République à Paris, à 14h00, et partout en France, afin de fêter le 140e anniversaire d’une République que nous voulons plus que jamais, libre, égale et fraternelle.

C'est ici