Astronomy Picture of the Day

mardi 12 octobre 2010

Abrahadabra

Ecoute en direct du dernier Dimmu !

Xibir.

Une ouverture spectrale, j'ai l'impression d'entendre l'introduction d'un film d'horreur, avec cette musicalité, ces harmonies propres au groupe. Onirique.

Born Treacherous.

Une guitare assez agressive débute le deuxième morceau. On part en vitesse, avec un fond orchestral un rien grandiloquent pour ce qu'il y a devant. Il y a toujours ce côté incantatoire, urgent, démoniaque, messianique. Je reconnais des rythmes, des escaliers, des ralentissements, propres au groupe encore une fois. Ça s'affine. Ça s'organise. Une pause. On retombe dans le film d'horreur. Un sample, on dirait un prêtre qui récite quelque chose en latin. On reprend. C'est théâtral. Un bizarre chant clair se greffe. Atmosphère presque mystique. Là, les guitares recommencent à marteler. Il y a là-dedans un mélange hétéroclite plutôt surprenant. On ne sait plus trop où tendre l'oreille. Une superbe composition avec des instruments à corde qui ondoie en arrière plan. Une fin de morceau très très black.

Gateways.

On saute à l'autre morceau, avec un cadre très Spiritual Black Dimension, genre chute dans les abysses. Les guitares grincent comme le blizzard. On revient dans quelque chose de très baroque, je n'arrive pas encore à savoir si c'est bancal. Ça tressaute, ça s'envole, ça retombe, ça chevauche. Il y a une voix mi enfantine, mi féminine, qui s'élève bizarrement là où se déchaînait autrefois le superbe chant clair du bassiste (qui a été viré avec son confrère claviériste). Un petit solo de guitare pour la forme, rythmé martialement typiquement dans les harmonies du groupe. Et on repart dans cette tourmente musicale qui n'est pas sans m'évoquer les albums les plus bariolés d'Emperor. Et hop, on repart dans une structure très très épique. Un choeur féminin, chose jamais entendue encore chez Dimmu. Plutôt joli. Ça se calme, toutes les voix repartent, car il y a aussi des voix d'hommes. Jamais eu autant de chant chez Dimmu.

Chess With the Abyss.

Intro typique black metal. Des chants enchaînent, puis une ligne de voix de Shaggrath je dirais presque...joueuse. Là, il nous raconte quelque chose, il sort du pur chant black. Quelques expérimentations de guitares. On reprend le rythme, scandé par le choeur. Et on renvoit de l'orchestre, totalement grandiloquent et pourtant séduisant. On part dans un rêve de scientifique fou. Ou de sorcier ayant un peu trop consommé.

Dimmu Borgir.

Un rythme entraînant et une orchestration qui me fait penser à celle de Inactive Messiah sur leur album Be my Drug. On a là une chanson plus « posée », qui va plus dans un seul sens me semble-t-il. Ça a quelque chose de heavy aussi, très harangue au combat, genre hymne guerrier. Plutôt pas mal ! Assez surprenant là encore, Dimmu n'avait jamais rien fait d'aussi « lumineux ». Ah, et Shaggrath remet son rire diabolique, ça c'est bien sympa !

Ritualist.

Ah, ça commence par du vent. So norwegian ! Et là, surprise, une guitare accoustique. Un fond black, plutôt atmosphérique, se développe derrière. Changement de rythme, bouffées glaciales d'instruments à corde. Il y a un côté presque fantaisie, presque Alice au Pays des Merveilles, dans le son explosif, diversifié, rempli d'arabesques inattendues. Ça bouge dans tous les sens. C'est du pur Dimmu Borgir, et en même temps, on dirait qu'ils ont pris le meilleur de Cradle of Filth et ajouté une sensibilité à la magie et aux sortilèges des contes... Le chant clair du bassiste est remplacé par un autre chant pas forcément très beau, mais toujours dans des passages très narratifs. La question est : ne risquons-nous pas de nous y perdre ? Superbe accélération aux guitares électriques pour reprendre le fil de l'histoire. Oui, cet album est incroyablement narratif. Il est constitué de chapitres, de passages, de dialogues, de tirades, aussi bien instrumentales que vocales. Et il y a une certaine pureté non artificielle du son, amenée par la présence de vrais instruments, et ça, indéniablement ça s'entend, et c'est aussi ça qui donne cette qualité baroque.

The Demiurge Molecule.

Un rythme entêtant, redondant, s'installe au début de la chanson. Puis, quelque chose qui grince. Et le balancement revient, ce nouveau groove que le groupe a acquis avec Puratinical Euphoric Misanthropia et qui leur va si bien, quand ils n'en font pas un trash death du plus mauvais effet. Ici ça martèle, comme dans les meilleurs moments de l'album su-cité. Ça envoie pas mal, je dois dire. C'est aussi grandiose et dingue que Drudenhaus de Anorexia Nervosa, un bon son en plus. Je sens d'excellents headbangs en perspective ! Et là, hop ça s'arrête pour une percée d'instruments à vents qui surnagent tout à coup au-dessus de la musique, annonçant on ne sait quelle fin du monde. Et les choeurs, les guitares, l'orchestre, avancent ensemble derrière. On change de tonalité encore une fois, c'est plus intime, la voix se fait insinuante. Ça tressaute, j'ai l'impression d'être au milieu d'un spectacle de marionnettes qui aurait mal tourné, d'un cirque cosmique dont les portes s'ouvrent sur le vide (oui, Dimmu ça m'a toujours rendue poète).

A Jew Traced through Coal.

Un départ doux, comme la première scène d'un film d'horreur où l'on filme le lieu où tout va se jouer. Puis la chose se noue, encore très très black dans les rythmes et les riffs. C'est-à-dire, car il faudrait que je m'explique un peu : rapide, et puis c'est cette qualité de son inimitable, propre au black, là faut écouter pour savoir. C'est cette manière de jouer, à la fois lancinante et pressée, comme douloureuse. Au coeur du morceau il y a quelque chose d'extraordinaire, une orchestration qui rappelle The Serpentine Offering (et donc Star Wars selon certains). Mais c'est moins ample, c'est plus resserré, et très vite on change encore de tonalité, de rythme. Non, malgré tout il y a une certaine cohérence dans cette profusion. Je ne perds pas le fil mais suis emmenée dans toutes les directions. Je dois dire que c'est une expérience musicale.

Renewal.

Pour la prochaine, là encore on entre dans un truc très heavy, avec un solo de guitare plus heavy que black, le genre qu'on joue pour le plaisir d'entendre sa guitare, cela dit ça n'empêche pas qu'il soit chouette, ce solo. Et là encore, mélange des genres, on repart dans un méchant black pour le coup un peu moins mélodique. On est perpétuellement dérouté. La scène et les acteurs changent sans arrêt. Malgré tout, c'est efficace. Je me prends à remuer la tête. Là encore, je repense à Puritanical Euphoric Misanthropia (je le précise cette fois, l'un des meilleurs albums du groupe, aux côtés de Spiritual Black Dimension déjà évoqué).

Endings and continuations.

Avec un sample pour le moins louche (des bruits humides et quelque chose qui ressemble à une mastication), on entend encore ce chant profond, bas, qui fait penser au chant de Wardruna. Vous savez, ce chant un peu chamanique du genre « oooouaaaaaaaaaammmmmm » (c'est bien imité, hein). Et hop, après, un truc presque sautillant, enthousiaste comme une symphonie. Je viens d'apprendre que le bassiste de Therion était présent sur cet album, ce qui peut expliquer certains aspects musicaux. D'ailleurs je crois que c'est lui qui fait le chant clair sur ce morceau. Celui-là est bien maîtrisé, mais très inattendu dans un morceau de black metal. Là encore on a quelque chose de très hétéroclite, qui emprunte au folk, au heavy, au black, à la musique classique. Étonnant.

Gateways (orchestral)

On commence par des choeurs éthérés, on dirait presque une messe. Et là, ce que Dimmu fait de mieux éclate. C'est lumineux, déroutant, tragique et épique à la fois, une histoire dans une nuit très noire, avec des armes au clair qui brillent dans la lune. Mais les choeurs persistent, apportant une perspective biblique assez étrange. Ça se rapproche, en fait, d'un requiem. D'un opéra fantastique. D'une symphonie macabre. Ça s'élève, la tension monte. Vont-ils soutenir ce morceau jusqu'au bout, l'amener à son aboutissement ? Il continue de rouler, spectral. Il se reprend, respire, ou plutôt halète. Un épisode très doux, poignant, et toujours environné de fumées et de doutes. Ça valse dans l'air obscur. On dirait une musique de film. Ça s'effondre dans le murmure d'un rêve.

Perfect Strangers.


Et enfin, quelque chose que j'attendais : une reprise de Deep Purple. Sans commentaires, je vous laisse découvrir.


Bilan : sur le vif, album très surprenant qui effectivement marque une page dans l'histoire du groupe. Me manque un petit quelque chose cependant : la force de certaines lignes mélodiques qui ont tendance à ici se noyer. Les moments de suspension, la structure parfaite des morceaux de Spiritual Black Dimension, qui frôlaient la perfection parfois, même avec un simple clavier. La pureté mélodique, oui, c'est peut-être ça qui manque.
Cependant, un album qui porte bien son nom, et un bel album après la perte de deux musiciens très talentueux. Bonne surprise.

Deux morceaux :





Pour ceux que ça intéresse, références citées :







5 commentaires:

  1. Pour l'instant, je n'ai pas écouté les extraits, car je ne sais pas où est mon casque et Mathias est couché. Mais ton imitation du chant mystique m'a tellement fait rire que j'étais obligée de laisser un commentaire :D

    (Promis demain j'écoute, je ne savais pas qu'ils avaient sorti un disque, c'est cool)

    RépondreSupprimer
  2. Ma foi, c'était fort enthousiasmant! Effectivement, Gateways part un peu dans tous les sens et surprend parfois un peu. A vif, j'ai encore du mal à dire si j'ai trouvé le morceau cohérent ou pas :) Par contre, j'ai énormément apprécié le son : il est nettement moins trash qu'il ne l'était devenu dans les albums précédents, je le trouve mesuré en fait, chaque instrument a sa place et l'ensemble est à la fois majestueux et original. Et je dois dire que, si de toute évidence Mathias va détester et sans doute s'arracher des cheveux, je l'ai trouvée très bien, la reprise de Deep Purple!

    Côté image, j'adore. L'esthétique est superbe! J'ai cherché sur wiki, et comme le nom de l'illustrateur m'était familier, j'ai été sur son site perso... Et me suis aperçue que je le connaissais pour son travail avec Sopor Aeternus. Quant au bassiste de session, il a bossé avec King Diamond. Bref, je trouve que, musicalement comme esthétiquement, ils ont su s'entourer d'artistes très variés, et que c'est ça qui donne à ces morceaux une couleur propre et franchement intéressante.

    Ce qui me surprend, c'est la cohérence esthétique, tout en sortant, thématiquement parlant, de ce qu'ils ont fait précédemment. (le costume de Shagrath dans le clip est superbe!)

    RépondreSupprimer
  3. Voilà, ils ont su se rebondir et se renouveler tout en restant Dimmu Borgir. Comme toi, j'hésite encore sur la cohérence de certains morceaux :)

    RépondreSupprimer
  4. J'ai écouté tous les morceaux disponibles sur youtube (soit six au total) et j'ai beaucoup aimé! Mention spéciale à The Demiurge Molecule, mais aussi aux dernières secondes de Endings and Continuations.

    RépondreSupprimer
  5. Aaah, et Gataways (orchestral) est tout simplement superbe!! J'adore!! Bon dieu (oups, pardon, en parlant de Dimmu ça le fait moyen ;D), ils ont quand même atteint un sacré niveau quand il s'agit des instrumentaux!!

    RépondreSupprimer