Retombée hivernale. Le black metal passe partout en moi, glacé et purifiant comme un torrent de montagne. Le crépuscule se hâte d'effacer les couleurs du vaste ciel immobile. Le black metal me fait toujours cet effet : celui d'une révélation brutale, hallucinée. D'un homme qui tombe à genoux dans l'obscurité des bois où la limpidité désespérante d'une plaine vide. Le poids du ciel... C'est le poids du ciel qui lui fait voûter les épaules et courber le front, écrasé par la grandeur. Le cri qui jaillit est celui qui est extrait des entrailles serrées, du coeur prêt à exploser, de la respiration acérée, presque arrêtée. C'est la solitude et la vitalité les plus noires, les plus absolues. Forest Silence, Dimmu Borgir, Totalsefhatred savent manier comme personne ces pauses douloureuses, ces cris démesurés, cette tristesse si énorme qu'elle engloutit toute la vie, et devient la vie même. Je dérive dans des strates musicales, portées par le crépuscule qui s'est figé. Tout diminue autour de moi ; et c'est étrange, c'est au coeur de cette noirceur abrupte, presque cruelle, que se trouve une lumière inextinguible, violente à sa manière, qui palpite au fond de ces vagues d'absurdité et de douleur, qui surnage et parfois s'envole à la manière d'une houle, s'effilochant dans l'atmosphère, creusant l'air, ceusant les poumons qui la respirent, se répandant dans la tête dans un vertige... Oui, le black metal est le cri d'un homme à genoux qui hurle devant la splendeur du monde.
Drinking : beer Listening : The Stooges - 1969 ; Sex Pistols - Seventeen ; Sid Vicious - I killed the cat ; The Dictators - I live for cars and girls
Qu'est-ce qui m'a donné cette humeur punk, me direz-vous ? Eh bien, un concert des Lorans Outang à l'université en plein cours de littérature contemporaine, et une après-midi passée à déchiffrer des micro fiches à l'université (ça donne soif !). On ne peut pas plus Rennes II-Rohazon-like que ce petit concert idiot et réjouissant, avec plein de reprises super cool, qui donnaient à l'analyse de de Houellebecq et ses Particules élémentaires, et de Emmanuel Carrère et son Adversaire une saveur particulière, comme vous pouvez l'imaginer. Et mon prof aime les Ramones, belle découverte ! (Frank Wagner, pour Kalys qui verra de qui je parle) Donc, pour vous mettre un peu de bonne humeur :
Bon, devenir une rockstar ce n'est pas facile, à moins d'être friqué ou d'avoir beaucoup de chance. Déjà : essayer d'impressionner son directeur de mémoire, ses bêtas-lecteurs, ou même soi-même, c'est une lutte (parfois ouvrière) de tous les jours. (Note à mes bêtas-lecteurs : je ne suis pas découragée, mais on a tous rêvé d'être un génie !). Heureusement, il y a Marilyn Manson, qui est déjà une rockstar, enfin, dans le mauvais sens du terme maintenant, puisqu'apparemment son rêve est devenu réalité : "I was drown in a sea of liquor, and I watched upon a beach made of cocaine. The sky was made of LSD ! And every tree was made of marijuana ! But the cops pulled me over..." etc, nous raconte-t-il avant de chanter I don't like the drugs. (la suite est cocasse, parce que les flics ne l'arrêtent pas mais le sucent, et, je cite, c'était si beau que Dieu lui-même est venu voir...) Bon, passons (si vous ne comprenez rien, écoutez l'album The Last Tour on Earth, et n'hésitez pas à vous marrer, d'autant que le public paraît fasciné, mais c'est normal, il faut aller à un concert de Manson pour s'apercevoir qu'il a un certain charisme...) (et j'arrête avec les parenthèses). Enfin bref, hier, j'étais contrariée, et plus je remuais la chose qui me contrariait, plus je "m'auto-rendais" furieuse, si vous voyez ce que je veux dire. Alors, j'ai fait mon adolescente, et c'était si bon que (You can't kill me motherfucker !!) j'ai été calmée en quinze minutes. Qu'est-ce que j'ai fait ? J'ai juste pris une bière, une cigarette, me suis enfermée dans la chambre et mis Marilyn Manson très fort. J'ai de bonnes enceintes en plus, le son traversait tout. Et là je me suis rendue compte ce qu'il m'avait manqué. Et en écoutant HolyWood ce matin, je me suis aperçue de tout ce qui m'avait échappé dans les paroles. Moi je dis que Marilyn Manson est un putain de groupe de rock'n'roll ; ça n'engage que moi. En tout cas, je sais pourquoi les adultes sont névrosés. Ils ne se défoulent jamais. Ils évitent tout ce qui "fait jeune". Ils n'écoutent plus de musique. Boivent à peine. Se résignent à leur sort. Deviennent ennuyeux. Je les comprends, car la moindre entorse à la grande rumination collective fait de vous un excentrique, statut plus difficile à assumer qu'il n'y paraît lorsqu'on n'est pas une rockstar (car là, au moins, il y a des milliers de personnes qui lèvent le poing avec vous). Ce qui compte, c'est que réécouter Manson m'a redonné de l'énergie, de l'énergie pure, qui fait du bien, qui donne envie de se battre. Et surtout qui vous fait avoir en horreur la mollesse d'esprit. Retrouver ses sensations m'aident même à écrire ce message, ça fait du bien de l'écrire, car c'est toujours agréable de trouver les mots pour dire authentiquement ce qu'on pense. Vous vous doutez de ce qui va suivre...
PS : GOD DAMN YOUR RIGHTEOUS HAND !
Nothing suffocates you more than the passing of everyday human events Isolation is the oxygen mask you're making children breathe into to survive But I'm not a slave to god that doesn't exist And I'm not a slave to a world that doesn't give a shit
And when we were good You just close your eyes So when we are bad We'll scar your minds
You'll never grow up to be a big rock star Celebrated victim of your fame Just cut our wrists like cheap coupons And say that "death was on sale today"
And when we were good You just close your eyes So when we are bad We'll scar your minds
But I'm not a slave to god that doesn't exist And I'm not a slave to a world that doesn't give a shit
The death of one is a tragedy The death of one is a tragedy The death of one is a tragedy The death of a million is just a statistic
But I'm not a slave to god that doesn't exist And I'm not a slave to a world that doesn't give a shit But I'm not a slave to god that doesn't exist And I'm not a slave to a world that doesn't give a shit
Drinking : coffee Listening : Mirkwood - Legend, Vivaldi - Spring, Valravn - Bialowieska, Howard Shore - The Bridge of Khazad Dum
C'est dimanche, un dimanche comme je les aime. La ville paraît toujours plus silencieuse et figée. Présentement elle s'allonge dans les ombres d'un soleil qui a déjà hâte de se coucher. Tout à l'heure, dans la lumière uniforme d'un ciel voilé, elle paraissait rétrécie, plate, comme une photo. J'ai de la chance de pouvoir observer toutes ces différences subtiles, avec pour épicentre de ma vue cette monstrueuse église dont parlait Kalys. Moi je l'entends résonner aussi, chaque jour, ce son profond et vibrant qui paraît balayer toute la ville. On ne sait jamais vrai s'il est solennel, triste, ou au contraire lumineux et extatique. C'est un dimanche à écouter la BBC, à naviguer sur Internet, à réfléchir à des rêves qui s'esquissent, à gribouiller sans rien écrire vraiment, juste pour le plaisir de taper sur son clavier et créer des phrases. La lumière change tout le long du jour et je suis là pour la voir, juste derrière l'écran de mon ordinateur. C'est une ambiance sereine.
Hier, j'ai vu un film de Clint Eastwood dont je n'avais jamais entendu parler, L'Echange, avec Angelina Jolie et John Malkovitch. Je vous le recommande vivement, car il est très intense, et basé sur une incroyable et épouvantable histoire vraie. Le jeu des acteurs et la mise en scène de Clint Eastwood en font une oeuvre choquante et bouleversante. Il y a un je-ne-sais quoi qui font qu'on ressent la violence, réellement, alors qu'on a de quoi être blasé avec tous les films qu'on a vu. Des scènes difficiles à regarder, ça fait combien de temps que vous en avez pas vu ? Bon, ça fout un coup, mais ça vaut le coup de le voir.
Bon, là, j'ai commencé à tenter l'exercice proposé sur le forum des Chemins de Traverse, écrire la première scène d'une nouvelle ou d'un roman d'horreur ; c'est sympa à faire (les intros c'est toujours ce que je préfère), mais je ne suis plus tout à fait dans l'ambiance. Je vais sans doute reprendre Age of Empire, où j'ai découvert les Allemands, une super civilisation, c'est moi qui vous le dis ! ;) Sur ce, je vous souhaite une bonne fin d'après-midi...
(Titre à prendre avec légèreté et en chantant, c'est le générique de la série Scrubs ;)
Voilà, un peu de sincérité et d'honnêteté ne font pas de mal, et j'ai quelques trucs que j'ai envie de dire à propos de moi et de mon attitude, parce que les personnes qui me lisent sont mes amis. Voici donc, j'ai réfléchi hier soir, et je vous fais un copier-coller de ces fameuses réflexions : Je suis comme Carla dans Scrubs : je passe mon temps à juger les autres pour me faire croire que je suis mieux qu'eux, et pour éviter de me juger moi-même. Je ne suis si pas si noble que je voudrais le faire croire, des fois je suis même vraiment pitoyable. J'ai essayé de faire croire à tout le monde que je n'avais pas de problèmes d'égo et des principes bien établis. J'ai des principes, mais ils ne sont pas si rigides que cela. Et c'est finalement une bonne chose, de reconnaître et d'accepter ce que l'on est. Si je ne l'ai jamais voulu, c'est par peur d'être médiocre, et qu'on me trouve médiocre. Je ne veux pas être comme tout le monde. Je veux être moi. Et je réalise que je le suis déjà, que tout le monde l'est. Je dois arrêter de me poser tout le temps en conflit avec la terre entière, avec moi, avec les gens que j'aime, avec les systèmes de pensée. L'esprit de contradiction est une forme d'imitation. Laurent Loty me l'a appris il y a quelques mois. Le conflit, c'est bien, mais quand c'est juste et que ça en vaut la peine. Concilier l'idéal avec le réel, ce n'est pas faire des compromis, mais ne pas figer les choses dans des cadres rigides. Je dois accepter cette mouvance, et m'en accommoder ; de plus j'accompagne le mouvement universel, et mon être même n'est que fluctuations rêveuses... J'ai voulu être comme ça pour me différencier, notamment de Nathalie à qui je ressemble tant. Mais là où je vois l'impasse, je dois faire demi-tour.
Voilà, et j'espère que vous ça va. Je suis un peu dans ma coquille en ce moment, notamment parce que j'ai peur de perdre ma concentration sur les différents travaux que j'accomplis. Je me détourne un peu trop des autres, même des plus proches. Mais ça va pas me tuer de prendre une demi-heure pour envoyer des mails. ça me réconforte, quand je trouve difficile de maintenir le cap, et quand je doute de moi-même et que j'ai peur de l'échec, de savoir que chacun de vous se bat aussi, et qu'on peut être solidaire et se comprendre. J'ai peur des évaluations, normal, surtout quand j'y engage de moi-même. J'ai peur des deadlines qui m'obligent à me lancer. Et j'ai peur de ne pas avoir le temps, pour tout, de me laisser déborder. Car voyez-vous, je suis du genre à emprunter cinq bouquins sur un coup de tête, et m'apercevoir que je n'aurai pas le temps de tous les lire, et ça me contrarie. Toujours l'impression de manquer des choses. Dur de faire des choix. Enfin voilà, mais sinon, ça va bien, j'ai juste l'impression d'être un peu secouée par la tempête qui passe sur le navire, mais on en a vu de bien plus dangereuses !
"Rentrez en vous-même. Cherchez la raison qui, au fond, vous commande d'écrire ; examinez si elle déploie ses racines jusqu'au lieu le plus profond de votre coeur; reconnaissez-le face à vous-même : vous faudrait-il mourir s'il vous était interdit d'écrire ? Ceci surtout : demandez-vous à l'heure la plus silencieuse de votre nuit : dois-je écrire ? Creusez en vous-même vers une réponse profonde. Et si cette réponse devait être affirmative, s'il vous est permis d'aller à la rencontre de cette question sérieuse avec un fort et simple "je dois", alors construisez votre vie selon cette nécessité; votre vie, jusqu'à son heure la plus indifférente, la plus infime, doit se faire signe et témoignage de cette poussée." Rainer Maria Rilke, Lettres à un jeune poète.