dimanche 25 mars 2012
Aphorisme
mercredi 14 mars 2012
La fureur de vivre
Plus le temps passe et plus je me sens séparée du reste du monde. Je ne pense à certaines choses que par pure nécessité. Mais au fond, je m’en fous. Il n’y a rien, rien, qui puisse rivaliser avec ce que je ressens maintenant. Rien. Le monde n’est qu’un vaste foutoir qu’on prétend comprendre. J’ai dans le sang des milliers de vies. Soit je suis complètement folle, soit il m’arrive de savoir me projeter hors de mon corps. Je n’arrive pas à décrire cela autrement. Le corps ne paraît alors qu’un support, ou mieux, un tremplin. Ce que je ressens n’a pas de limite physique. Je me sens tellement appartenir à ce monde... Au sens large, j’entends. L’humain n’est qu’une espèce parmi d’autres, oui. Peu importe ma spécificité, ou mon absence de spécificité. Finalement, qu’est-ce que ça change, quand on se sent basculer de l’autre côté des murs qui définissent habituellement l’espace spirituel ? Je suis de ceux qui éprouvent l’enthousiasme au sens grec, celui de la possession par le divin. Je n’y peux rien, c’est comme ça. C’est comme la foi. C’est quelque chose qui vous consume, et rend le reste de la réalité à laquelle nous sommes censé appartenir comme quelque chose de vague et nébuleux. Je veux parler du monde du travail, des factures, des conventions sociales. Pas exactement le monde matériel, non. Mais un monde contingent fabriqué de toute pièce pour la survie. Un monde de discours récités par des bons soldats. Un monde dominé par une vertu morale faite de haine, d’impuissance et de frustration. J’ai moi aussi des ressources insoupçonnées de haine, mais qui ne mènent jamais à la violence, qui me servent seulement à entretenir le feu, l’énergie, finalement, tout simplement, la fureur de vivre.
dimanche 4 mars 2012
Mince alors
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lundi 20 février 2012
Je ne suis plus humaniste
Je fais semblant d’avoir quinze ans. J’envoie la musique très forte, et je fais comme si devant moi il n’y avait rien d’autre qu’une journée insipide de cours à laquelle on me force à aller – alors je n’ai pas besoin de participer – du coup je me fous de tout, je peux y aller avec trois heures de sommeil dans les cernes, la musique vissée aux oreilles – et vous verrez de quoi je serai capable dans quatre ans – je vais vous épater, vous aller voir, vous avez voulu me fouler aux pieds, me donner des coups jusqu’à ce que je sois de la bonne forme pour rentrer dans le bon moule. Celui qui s’appelle baccalauréat. Vous avez pas trop mal réussi, je l’ai eu. Mais six ans après, rien n’a abreuvé la rage qui m’incendie le ventre. Je me sens toujours comme une intruse dans votre carnaval. Je ne crois toujours pas à vos masques, même si vous faites plein d’effort pour qu’ils paraissent vrais. Je me sens tellement vivante la tête nue, le vent en plein visage. J’ose toujours croire, avec toute la folie qui ne caractérise plus mon âge (à mon âge, on commence à penser à s'endetter pour trente ans, à se marier et à faire des enfants, bref, à "faire sa vie d'adulte", ce qui implique de "prendre ses responsabilités" et "d'avoir les pieds sur terre"), j'ose toujours croire que je suis libre.
La haine qui me reprend ces soirs-là me détruit peut-être peu à peu, mais grâce à elle je suis loin de vous, sûre de mes choix, orgueilleuse, peut-être, mais du moins je ne fais pas honte à mes dix-sept ans. Très souvent, quand je vous regarde, je vous imagine enfants, et d’un seul coup votre masque tombe, et j’ai pitié de vous. Savoir que je ne serai jamais comme vous me procure une joie que vous ne pouvez pas imaginer.
Est-ce que j'ai déjà voulu être pareil ? Je ne crois pas. Quand j'étais ado, la bizarrerie était une revendication. ça faisait du bien. Aujourd'hui, ça ne l'est plus. Mais je constate juste que le monde et moi, on n'est pas sur la même longueur d'onde. Tant de temps passer à "comprendre". à étouffer la révolte parce qu'il y a des "raisons". Je me contrefous de qui est coupable, si seulement on pouvait comprendre ça ! Moi, ça m'est égal, je ne cherche pas de bouc émissaire. ça ne m'intéresse pas ! Je n'ai pas le goût de la vengeance. Le monde a passé mon seuil de tolérance, et je consomme la rupture. Non, je ne vais pas me faire punk et dire fuck le système. Je vais juste arrêter de comprendre et de hocher la tête. Je vais suivre la piste refroidie de mes rêves. Je vais arrêter de me soucier de ce que je devrais faire (je veux dire par-là ce que je ne me suis pas imposé à moi-même, mais ce que je crois que je dois faire de par mon éducation ou la morale qu'on m'a inculquée. Seconde crise d'adolescence: je ne serai jamais comme mon père. Je n'ai pas envie de souffrir pour les autres, et j'en suis fière.)
En somme, je me débarrasse de mes complexes, de ce carcan de morale qui me pèse sur les épaules alors qu'il est imaginaire. On vit dans un monde où rien n'est tracé, où on est absolument libre d'être qui l'on veut, et on s'en rend à peine compte, c'est le comble ! Rien ni personne ne m'a réservé une place. Je n'ai aucune obligation à être quoi que ce soit. Il est temps de s'en apercevoir !
Tout ce que j’ai de précieux est dans ma tête. Ça ne tient pas à des photos ou à des meubles. Je n’ai rien de précieux en ce monde.
Avec vos religions ou vos petits principes de bien-être, minuscules mantras dans l’immense marécage de vos angoisses, je vous regarde coasser vainement. Vous voulez recommencer, toujours, être plus performants, plus forts, plus efficaces. Toute votre vie mesurées à l’aune de la sacro-sainte réussite sociale. Je vous hais.
Assez d’être conciliante, je vous ai assez compris. Permettez-moi maintenant d’entamer la rupture. Je divorce. Je ne suis plus humaniste. Oui, ça me fait mal, oui c’est dur à avaler après tant d’années à avoir défendu la cause. Mais voyez-vous, j’ai fini par comprendre que l’humanité nuisait à ma cause, comme des enfants qui s’accrochent à mes jupes. Désolée de vous abandonner, mais les explications, c’est terminé. Comme tout le monde, je suis condamnée, et je n’ai plus de temps pour ça. Cultivez vos champs et vos hasards. Je n’ai plus envie de m’intéresser à vos réalisations de forcenés. Je ne parlerais qu’aux affranchis. Les autres ne me tendront jamais la main, je l’ai enfin compris. Je ne suis pas masochiste, alors je vais arrêter de m’intéresser à ceux qui ne lèveront jamais le petit doigt pour me défendre. Je préfère tout affronter toute seule que de m’allier avec les tièdes. Et prendre cette décision me donne une cure de jouvence ; je me réconcilie enfin avec mes dix-sept ans.
Il y a bien longtemps je considérais l’idée de me jeter par la fenêtre en écoutant cette chanson. Compter jusqu’à six, et simplement mourir. Aujourd'hui je comprends que pour faire ce choix « oui » – car on n’en a qu’un seul dans la vie – c’est vivre ou mourir – il me fallait oublier les vieilles rengaines. Ce monde ne me soutiendra jamais. Assez de croire au peuple éclairé. Je me délivre enfin de ce fardeau – je dépose ma croix. Je continue le chemin seule, merci.
I'm not a slave to a god
That doesn't exist
I'm not a slave to a world
That doesn't give a shit
Fight, fight, fight !! (Marilyn Manson, Fight song)
PS : Ces temps-ci ça bouillonne, il faut croire que je devrais toujours être en vacances. Comme il y a deux billets à la suite, je vous prie quand même de regarder celui qui est en-dessous.
PS2: il va de soi que le "vous" ne vise personne, il faut lire ce message comme une lettre ouverte à l'humanité ;)
Mon idole (titre qui est aussi celui d'un très bon film que je vous recommande)
Une personne fait exception, et j'ai envie que ça reste comme ça. Mon dernier rêve d'adolescence. Une personne qui, si je la rencontrais, me laisserait probablement sans voix, tremblante, suante, réduite à un état d'ahurissement insurmontable.
Marilyn Manson. Malgré des années de creux, un retour espéré, il reste un mythe à mes yeux. Je n'aurais même pas envie de le connaître, de boire des bières avec lui. Si je devais boire un verre avec Marilyn Manson, d'abord, ce serait du whisky, de l'absinthe ou un très très bon vin, et la soirée serait complètement dingue si bien que je croirais l'avoir rêvé. Parce que Marilyn Manson est un rêve pour moi. Ce n'est pas une personne, c'est un personnage. Il est devenu partie de mon imaginaire à tel point que j'ai l'impression de le connaître. Et je connais très bien mon Marilyn Manson personnel. Je suis juste assez saine d'esprit pour savoir que ce n'est que le mien, le personnage qui vit dans ma propre imagination. Il faut comprendre que pour moi, ce n'est pas juste de la musique. C'est tout une légende. J'ai digéré, assimilé, intégré ses chansons, et son univers a contaminé le mien. Plus qu'une influence, ça a été une révélation quand j'ai ouvert mes yeux innocents et cessé de croire en Dieu, vers 13-14 ans.
Je suis fascinée par ce personnage que je me suis tellement approprié que j'aurais pu l'avoir écrit. Je ne sais pas si je peux faire comprendre ce sentiment-là. L'impression d'avoir créé quelqu'un. Mais ce n'est pas exactement ça, c'est un échange, une création réciproque. Une boucle bouclée. Un personnage qui m'est tellement familier que j'ai l'impression d'avoir rêvé les clips que je regarde.
Curieux, comme on vit certains amours artistiques comme de véritables histoires d'amour. Avec des déceptions, des trahisons, des espoirs. Je n'ai pas envie d'aller chercher plus loin. Vous pouvez vous marrez, mais une nouvelle chanson de Marilyn Manson, pour moi c'est Noël. Et je ne perdrais cet enthousiasme juvénile pour rien au monde. On n'est pas obligé d'être blasé sur absolument tout, n'est-ce pas ?
En plus je viens de voir qu'il est de retour en France, le 5 juin, au Zénith. Eh bien là, c'est comme le coup de la nouvelle chanson, je suis aussi excitée que je l'étais la veille de Noël, quand j'étais petite. J'vous jure que ça fait du bien, au moins les idoles peuvent servir à ça !
Alors une idole, c'est quoi ? C'est cet enthousiasme, cette fascination, et toutes ces chansons qui vous accompagnent depuis dix ans et qui font toujours un bien fou à écouter.
Et c'est aussi, et surtout, quelqu'un qui vous a aidé à grandir...
Pour la partie rigolote (si, si, Marilyn Manson, c'est rigolo parfois) :
Et pour ceux qui n'auraient pas encore vu cette nouvelle putain de vidéo :
Et en prime, l'un des plus beaux clips de Manson, sur l'une des plus belles chansons, et dans lequel il est le plus beau (je vous avais dit que c'était mon idole, merde ! (même si son célèbre coup de rein (enfin célèbre dans mon entourage sans doute) n'est malheureusement pas visible, pour cela il faut regarder Get your Gun par ici : http://www.youtube.com/watch?v=phjXoYqYE2U&ob=av3e ))
Et enfin, l'un des plus bizarres et fascinants (et ce n'est pas parce qu'il est tout nu, bien que ce soit bizarre et fascinant aussi) (d'ailleurs je crois que ce clip résume tout ce que j'aime chez Marilyn Manson : onirisme macabre, érotisme, surréalisme, symbolique, bizarrerie, métamorphoses... les mots sont faibles...) :
...Et vous, vous avez des idoles ?
PS : une grande partie de ce qui a déclenché ces deux messages de ce soir, c'est une intervieuw de Marilyn Manson, le truc tout bête, mais il disait que quand il était petit, il avait peur d'être possédé par Satan (lui aussi il a eu peur devant L'Exorciste) et par la suite, il a eu peur d'être possédé par le monde... Et que la seule chose qui l'effrayait vraiment à présent, c'était de perdre ses croyances et ses valeurs. Je crois que je m'y suis retrouvée.
mercredi 4 janvier 2012
Dernière chance...
Je ne comprends pas comment on peut humainement rester de marbre devant ce que j'appellerai sans trop d'hésitations une oeuvre d'art presque totale. Quel mystère insoluble que l'émotion esthétique soit à ce point subjective, quand c'est tellement renversant que le monde entier devrait se mettre à genoux ! Ah le mystère de l'art :)
(à écouter impérativement avec de bonnes enceintes, sinon, c'est un blasphème.)
mercredi 2 novembre 2011
Un vieux message finalement posté :)
Une petite tartine « philosophique ». J’allais m’en excuser, mais après tout, le web c’est tribune libre, personne n’est obligé de me lire:)
It feels so quiet, being there all day long, so peaceful it is, just reading while watching a complete review of Harry Potter’s movies. I think I needed it.
Je me sens un peu seule, j’aimerais aller sur internet, mon regard accroche des détails, je m’interroge sur des mots, je retourne un problème de terminologie. La nuit tombe tôt à présent, et l’obscurité a déjà presque tout recouvert. J’ai la tête remplie de mots et de traductions. Tout l’après midi s’est déroulé comme baigné d’une lueur magique, l’automne qui s’installe et les couleurs dans les arbres qui se détachent contre ce ciel gris qui n’a pour moi rien de morose. Chaque fois il m’évoque cette envie d’enfant de me perdre, de raconter des histoires, et surtout de me perdre dans les histoires. C’est si bon de s’isoler, de sa cacher aux yeux du monde, de disparaître ne serait-ce que pour un jour... J’ai faim et la bière me monte à la tête. Un peu engourdie, je regarde le temps passer en écoutant de la musique, après avoir travaillé toute la journée. Cette vie paraît contestable aux yeux, je pense, du plus grand nombre, mais c’est celle qui me convient... Je n’arrive jamais à m’accrocher, à me concentrer tout à fait sur le « réel ». Je finis toujours par me dissiper, me diluer, me volatiliser. J’aime passer du temps juste à sentir ce qui bouge dans mes entrailles, comme une femme enceinte se délecte du moindre mouvement de la petite chose qu’elle abrite. Je me sens riche et pleine. Le quotidien, les gens, la lumière crue, les horaires, tout cela a toujours tendance à éroder ce sentiment, à vider mes veines. Alors non, je ne fais pas toujours – loin s’en faut – ce que je suis censée faire. Mais je fais presque toujours ce que j’aime faire. Petite fille gâtée ou non, au moins je ne me plains pas ! Et chaque jour je travaille à mettre au jour ce que les circonstances enfouissent comme autant de briques dans le mur. Tous les jours le mur se reconstruit, tous les jours je le démantèle. Je fais des entorses aux convenances. Je sèche des cours et ne participent pas à « la vie du groupe ». D’une certaine façon, j’ai toujours été égoïste. J’essaie de l’être dans le bon sens, c’est à dire : vivre ma vie, ne jamais abandonner ce qui m’est cher, sans pour autant penser que je suis le centre du monde. Le chemin est long dans cet apprentissage-là. Je n’ai jamais su me plier à des exigences qui me paraissent fondamentalement arbitraires. Sauf quand c’est dans mon propre intérêt. Pas pour faire plaisir aux autres, en tout cas. Pas pour me grandir dans leur regard. Bien que leur regard soit très important. Et si j’explique tout cela, c’est sans doute aussi une autre manière de me faire grandir dans leur regard. J’ai toujours haï l’auto-justification. Mais où se situe exactement la différence entre auto-justification et explication, surtout quand on essaie de faire preuve d’honnêteté ? Je suppose qu’on la sent, et qu’on est de mauvaise foi quand on ne le reconnaît pas. Pour être tout à fait honnête, donc (je garde de profondes séquelles de mon éducation morale et en partie religieuse : toute la vérité, c’est un précepte que tout un chacun fait sien, avec un degré variable d’hypocrisie) : cette réflexion est partie de mon hésitation, qui a mené à un renoncement, à aller à mon cours d’allemand cet après-midi. J’ose affirmer que toutes ces phrases joliment alignées dépassent ce concours de circonstances tout ce qu’il y a de plus banal. J’accorde de l’importance aux cours, et les sécher fait donc l’objet d’un long débat intérieur. Je me suis laissée aller à la flemme, mais aussi à mon instinct. Et j’ai passé une bonne journée.
Note pour l’écriture : il me semble parfois que je ferais mieux d’écrire des bouquins philosophico-poétiques, à la Nietzsche. Mais voilà : j’ai la manie et la prétention de vouloir raconter des histoires. Ce qu’on tirera de cela, seul l’avenir le dira.
Mon sujet à moi, mon problème, ce n’est pas de « corseter dans le glacis d’une narration » (cf Thierry Jonquet) l’horreur, l’indicible, mais plutôt l’ineffable, l’extase. Après pourrait-on m’objecter que l’horreur pure est une expérience de l’absolu. L’est-elle ? J’avoue me poser la question pour la première fois. Je veux dire, la sensation, ou plutôt l’expérience de l’absolu, est-elle nécessairement positive ? Je crois que oui pour cette raison : toutes les souffrances proviennent du moi. L’absolu dont je parle englobe et par-là même dépasse l’horreur. Mais peut-être me donnera-t-on tort ? Et peut-être pourra-t-on même dire que cette expérience de l’absolu est une illusion provenant du moi ? Si c’est le cas, peu importe, puisqu’elle permet de dépasser le moi... Ou peut-être alors je me fourvoie en imaginant me dépasser alors même que je suis engagée dans une démarche profondément narcissique... (et non, je ne suis pas fiévreuse ce soir... peut-être un peu alcoolisée... mais est-ce que je déraille pour autant ?) Mais toutes ces questions sont presque annexes, dans la mesure où je persiste et signe... Pour moi, le seul résultat qui importe, c’est ce que je vais écrire. C’est ma référence absolue. J’ai sans doute de la chance d’avoir cet étrange direction qui n’en est pas vraiment une. La seule chose que je sais, ce n’est pas que je ne sais rien, mais que je dois écrire. Cette conviction, dans son absolutisme, a quelque chose de religieux, et c’est peut-être aussi pour ça que je suis si mystique. Mais il y a autre chose : c’est que je ne me satisfais pas de réponse simple ou d’absence de réponse. Alors peut-être que finalement, la raison de ce mysticisme est très simple : en tant qu’être humain, j’extrapole sur ce que je ne peux pas comprendre... mais finalement, cette conclusion apparemment rationnelle ne me semble faire aucune différence avec la précédente. C’est une bête histoire de terminologie, encore. J’en laisse mon lecteur juge, et, étant entendu qu’un débat sur mes aspirations soit quelque peu fastidieux, je le laisse également libre de passer son chemin, ou mieux encore, d’interroger ses propres aspirations. Car comme je disais à Mathias l’autre jour, pour moi, tout ce qui compte, c’est d’être heureux. Vraiment, je ne vois pas la moindre importance à tout le reste. Jusqu’à preuve du contraire, on n’a qu’une seule vie... Et là je vois que fais exactement l’inverse du pari pascalien. Quand lui parie sur une autre vie pour bien nous conduire et nous restreindre dans cette vie, je parie sur une seule vie pour mettre en valeur celle-ci, et ne la sacrifier à rien d’autre, d’incertain ou de fantaisiste. Quel est le plus raisonnable des deux ? (sachant que cela ne fait pas de moi une hédoniste accomplie qui sacrifierait tout principe moral au plaisir, quoique l’idée soit séduisante. Mais je pense que l’ensemble des principes qu’on s’impose à soi-même, ce que j’appelle l’honneur, construit le bonheur dans le sens où on est fidèle à ses aspirations et à l’image qu’on se fait de soi-même. Il se peut qu’on soit dans l’erreur, mais respecter sa propre nature, c’est pour moi la seule façon d’être heureux... Je me sens affreusement sadienne en disant ça, vue que c’est comme ça que le marquis justifie la violence, mais il y a une part certaine de vérité là-dedans, ce qui rend sa philosophie si séduisante...)
Pour plus de précisions, pour des arguments, pour des arguties (je viens de réapprendre ce mot que j’aime bien), pour des polémiques, pour des continuations et des variations, sonner chez moi avec un pack de bière. À bon entendeur !