mercredi 28 mai 2014

Madame Nostalgie




Aujourd’hui j’ai eu une bouffée de nostalgie en regardant un lycéen dans le bus, dont j’aurais été sans doute amoureuse à dix-sept ans. Un petit blond aux cheveux longs et aux yeux verts, portant un pendentif viking, avec ce regard clair, assuré, intense. Je me sens un peu vieille en éprouvant une tendresse instinctive à son égard.

J’ai changé sans changer, au fond je suis toujours la même, la seule différence c’est le temps, toutes ces batailles qui me séparent de mes dix-sept ans. Il y a dix ans. J’étais parfaitement insouciante, à moitié malheureuse, et follement amoureuse. J'éprouve une véritable nostalgie, saisissante, en évoquant cette année-là. Ce ne sont pas des regrets. Juste de la nostalgie, une étrange mélancolie teintée de bonheur et de désir d’encore. Cela me rappelle que c’est toujours ainsi que je veux vivre. Et aujourd’hui je peux me dire avec sincérité que je ne m’en suis pas trop mal sortie. Au beau milieu des déconvenues, ça fait du bien. Chaque fois que je suis perdue, je me replonge dans mes dix-sept ans. Je bois à satiété de ces mélodies adolescentes, de ces envies d'ailleurs, de cette folie pure qui me tenait lieu de cerveau.
Toujours, tête nue sous le ciel, nourrie de pluie et de vent, toujours cet être qui n'en finit pas de naître, qui se déplie membrane après membrane, perpétuellement exposé, fragile, et qui s'éprouve pourtant comme infiniment puissant, parce que la lumière que je cache sous mes côtes menace d'exploser à chaque battement de mon cœur.

dimanche 27 avril 2014

Je ne sais pas comment vivre




I'm not like them
But I can pretend
The sun is gone,
But I have a light
The day is done,
I'm having fun
I think I'm dumb
Or maybe just happy

My heart is broke
But I have some glue
Help me inhale
And mend it with you
We'll float around
And hang out on clouds
Then we'll come down
And have a hangover

Sit in the sun
Fall asleep
Wish away
soul is cheap
Lesson learned
Wish me luck
Soothe the burn
Wake me up


Envie de vivre tout cela à nouveau, de trouver des chemins cachés. Je ne vis que par et pour l’intense, le quotidien au final m’use certainement davantage que ces moments à vif, ces instants d’absolu qui ont le pouvoir de me faire sortir de moi-même. Inlassablement, dans une quête sans fin, je cherche à les recréer. À ouvrir d’autres passages. Aller plus loin dans ma quête. Peut-être est-il temps que je recommence à lire Castaneda. Et Mathieu Ricard. Je veux percer les voiles. Aller à l’essentiel.
Ricard s’adresse souvent aux personnes qui travaillent et ont peu de temps, parce que ça leur est plus difficile de pratiquer la méditation. Mais je pense que c’est au moins aussi difficile pour eux que pour ceux qui vivent sans repères, détachés, errants, dans une presque entière solitude.

Chaque fois j’ai cette sensation qu’il y a quelque chose de bien précis que je peux/que je dois exprimer. Et je pars en quête de cette chimère fugitive.

Tous ces univers qui se mélangent en moi et dont je peine à extraire la quintessence, pour créer ma propre beauté… Les rêves se fondent et moi et se mélangent, les miens, et tous ceux des autres, qui prennent la teinte et la saveur de mon propre onirisme… Peut— être oui pourrais—je y passer la nuit, mais mon esprit d’y perd, et l’expérience est fugitive ; la sensation, volatile…

Ressusciter les anciens rêves est un rituel qui ne s’accomplit pas en un seul jour. Et pourtant on le voudrait, tant la sensation est étourdissante. Lorsque l’on se sent renouer, fibre après fibre, avec ces spectres innombrables qui hantent l’imaginaire…

Je fais très souvent cette sorte de cauchemar où je suis soit au Hellfest, soit à Sanary (dans la maison de ma grand-mère). Peut-être que ces endroits symbolisent une sorte de paradis, l’un dans la communion et l’absolu, l’autre dans la solitude et la contemplation. Mais chaque fois, dans ces rêves, le temps m’échappe, et je dois partir avant même d’avoir pu vivre l’instant. Ce sont des rêves de frustration et parfois de désespoir. Ils viennent souvent. J’essaie toujours de comprendre ce qu’ils me disent quand, bien souvent, j’ai la sensation de ne pas pouvoir vivre ma vie comme je le voudrais. Au fond, je sais sans doute ce qu’ils me disent. J’ai toujours cru que les circonstances extérieures ne constituaient que des prétextes, des justifications que l’on brandit pour s’excuser d’avoir oublié. Et pourtant retrouver le chemin de sa propre vie est bien souvent un calvaire, une quête labyrinthique. L’on se perd et l’on se lasse en route, bien avant ne serait-ce que d’approcher du but…
Parfois je me dis que la vie est aussi compliquée que l’amour. Ce que j’espère maintenant, c’est que les choses finissent par se dénouer, se fluidifier.
Pendant longtemps, pour moi l’amour a été un parcours du combattant, une épreuve sans cesse renouvelée. On me disait, « ça devrait être plus simple ». Et finalement, ça l’a été. Finalement. Est-ce que ça sera pareil pour la vie ? Combien d’années encore à livrer un combat quotidien simplement pour garder la tête hors de l’eau ?
Ces réponses sont probablement en moi. J’espère les trouver. J’y travaille. Car de la même façon que l’amour m’a amenée aux portes de l’enfer, j’espère de même que ma quête de réponses, et d’un semblant de sérénité, me fera visiter toutes les contrées de la destinée avant que je ne trouve enfin un moyen d’exister.

mercredi 19 mars 2014

Ce blog n'est pas mort !

Voilà, j'ai hésité longuement, et puis, le fait est que j'ai toujours l'envie et le besoin d'alimenter ce blog, où j'ai l'impression de pouvoir "me lâcher" réellement. Je ne sais pas qui le lit encore, et peut-être que c'est un coup dans l'eau, et allez savoir pourquoi j'éprouve ce besoin de partager ce qui se passe dans ma tête d'une façon brut et personnelle, mais je constate simplement que c'est comme ça.
Alors je reviens entre ces pages, qui n'ont nulle prétention et rien d'officiel.

Tiens, bah justement, si vous lisez ce post, pouvez-vous vous signaler en commentaire ? Comme ça, je saurai :) Merci !

Et c'est le retour des mes états d'âme :)

...


La journée traîne à sa fin avec pesanteur. Je me débats avec la sensation que c’est en vain. Le sol cède sous mes pieds à la façon de sables mouvants. Je ne parviens pas à m’accrocher. Je laisse le monde entier se vider, s’évider. Je me sens totalement vide d’énergie. Pour tout.

La musique me fait du bien, j’essaie de m’auto-persuader, de me dire que je peux y arriver. Ressusciter mes envies, et surtout ma confiance.

La musique de mon adolescence est toujours la meilleure dans ces moments-là.

En fait, elle m’aide à catalyser mon émotion, à transformer la tristesse brute et brutale en énergie presque meurtrière. Elle est alchimique. Elle m’aide à survivre.

C’est peut-être cela qui me manquait tellement ces temps-ci : mes dix-sept ans.

Pour retrouver le goût de vivre, m’autoriser les sorties de route. Même si elles sont nombreuses. J’ai une putain de personnalité chaotique. Le chaos a bien des avantages, mais il faut admettre qu’il est un colocataire qui emménage avec son cortège d’ennuis… Le plus dur, au fond, c’est peut-être simplement de l’assumer. Et bien sûr, le canaliser si on ne veut pas le voir régner en maître.

Dès que je fais quelques pas, je perds ma confiance en moi vitesse grand V. ça, je pense que c’est l’effet pervers du chômage. Cinq mois maintenant.

Je me débats avec des objectifs que je ne parviens pas à atteindre par manque de volonté et d’énergie, les deux étant bien sûr intimement liés. Mais ça me donne l’impression d’abandonner peu à peu, et à cause de ça, je suis rongée de culpabilité. Uniquement envers moi-même, parce que personne ne me demande quoi que ce soit. Mais c’est largement suffisant. J’ai toujours été très exigeante envers moi-même et je continue à considérer que c’est une vertu.  Mais la médaille a son revers. Je suis prise dans mes contradictions, et je me retrouve complètement vidée. Y a des moments comme ça, j'en bave.