jeudi 31 mai 2012

wanna outrace the speed of pain for another day

La force, c'est comme le courage. Il faut avoir peur pour faire preuve de courage. Il faut avoir des faiblesses pour faire preuve de force. Ce n'est pas parce que tout semble aller qu'on n'a pas à s'inquiéter. Ce n'est pas parce qu'on a l'habitude de réussir que la prochaine étape sera un succès.
J'ai passé mon épreuve de soutenance et même si je ne le montre pas, ça a été dur.
Ma mère aujourd'hui m'a dit qu'elle avait envie de tout envoyer balader et même si je fais toujours office de personne stable et d'arbitre, il se peut que ça me touche plus profondément que je ne le laisse transparaître.
La peur d'être abandonnée, oubliée, est probablement quelque chose qui me domine, qui a une emprise trop forte sur moi. D'où le fait que d'être traitée d'égoïste a toujours été la critique qui m'a fait le plus mal. Parce que je crains de l'être. Peut-être que je dépends trop des personnes que j'aime. Et ça ne s'arrange pas parce que j'ai peur d'en faire trop et de les déranger. Me sentir délaissée est le pire sentiment que je connaisse. Mais quand je veux l'exprimer, j'ai l'impression de dire "moi, moi, moi". Et voilà ce que ça devient : un message sur un blog, un endroit où je suis légitimée à dire "moi, moi, moi", tout en entretenant cette espérance mal dissimulée, et en ce sens moche et honteuse, qu'on vienne vers moi. Il y a une fille dans ma classe qui passe son temps à publier des statuts faceboook dont tout le monde s'en fout (m'a-t-on dit). Plus que je ne voudrais l'admettre (même si pour le coup, c'est une imbécile), je comprends sa solitude. Le truc c'est qu'elle s'y prend mal. Mais moi aussi, en un sens. Pas en surface. Je suis relativement sociable, je parais raisonnable et réfléchie. "Je sais faire la part des choses." Mais en moi il y a toujours la gamine qui pleure très fort dans le couloir la nuit après un cauchemar, en espérant que ça va attirer ses parents. Et c'est la même chose aujourd'hui, plus la culpabilité. Je suis vraiment désolée, mais je suis juste dans mon propre corps, et ma capacité à me mettre dans la peau des autres a des limites. C'est juste pour dire que, comme tout le monde, je ne sais que ce que je ressens, et c'est aussi pourquoi c'est un blocage pour moi. Je sais que les autres pensent et sentent différemment. D'où l'impression d'en faire trop.
Je voudrais que tout s'arrête. Parfois j'ai vraiment l'impression qu'elle-même voudrait que tout s'arrête. Dans cette histoire j'ai toujours été la conciliatrice et vraiment, ce n'est un reproche à personne. C'est ce que j'ai voulu. Mais voilà, ce soir c'est la déprime et j'avais envie de le dire, quelque part, sous une forme ou sous une autre. C'est comme ça, c'est dans les moments de vulnérabilité, où ton copain ne s'est pas rendu compte de l'enjeu qu'un certain jour avait pour toi, où toutes ces vieilles histoires ressurgissent avec insistance. J'ai passé des nuits d'insomnie à avoir mal pour quelqu'un qui n'est pas moi. ça paraît narcissique vu comme ça, mais est-ce que ça l'est toujours autant si je dis que c'est la sensation la plus douloureuse que je connaisse ?
Alors oui, je suppose qu'il y a tout cela derrière le manque que je ressens toujours, d'affection, surtout. Je suis pas un mec, je n'arrive pas à encaisser. J'ai besoin qu'on me demande comment ça va. J'ai besoin qu'on me dise comment ça va. Je ne peux pas enterrer tout ça. Et je ne veux pas. Car si ce qui importe vraiment reste caché toute la vie, alors qu'est-ce qui importe ?
L'incident déclencheur a été produit probablement par la maladresse d'inconnus. Non le déclencheur, mais plutôt la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. J'ai écrit un message sur un forum d'écriture pour dire que je voulais écrire un roman, mais que je ne savais pas comment m'y prendre, que je n'y arrivais pas, que la perspective me semblait trop impressionnante. Après quelques gentilles réponses, tous les participants m'ont oublié, même quand quelques jours après j'ai écris une réponse en remerciant des réactions et en disant que je croyais avoir trouvé le fil, que je pensais pouvoir me lancer. Aucune réaction à ça, juste une tribune libre sur les théories des différences entre nouvelles et romans. C'est idiot, mais pour toutes les raisons précédemment exposées, je me suis dit, mais ce message, c'était à propos de moi à la base... Je demandais des conseils pour mon projet, pas une tribune d'opinions...
Voilà, le résultat c'est que je retrouve devant mon ordinateur, seule à boire de la bière, et que j'ai gâché une soirée de plus avec des fantômes et des démons.



mardi 29 mai 2012

Strange...

Je vous laisse comparer. Premières paroles : Starfucker, par Trent Reznor à l'époque où il se droguait pour le bien de nos oreilles (pardon) ; les deuxièmes, par Marilyn Manson qui a su revenir du naufrage. Je vous laisse y réfléchir (pour un peu que vous connaissiez les deux artistes, sinon il n'y aura pas grand-chose à réfléchir)

Nine Inch Nails, Starfuckers


my god sits in the back of the limousine
my god comes in a wrapper of cellophane
my god pouts on the cover of the magazine
my god's a shallow little bitch trying to make the scene

I have arrived and this time you should believe the hype
I listened to everyone now I know that everyone was right
I'll be there for you as long as it works for me
I play a game
it's called insincerity

starfuckers, inc.
starfuckers

I am every fucking thing and just a little more
I sold my soul but don't you dare call me a whore
and when I suck you off not a drop will go to waste
it's really not so bad you know once you get past the taste, yeah
(asskisser)

starfuckers, inc.
starfuckers

all our pain
how did you think we'd get by without you?
you're so vain
I bet you think this song is about you
don't you?



now I belong I'm one of the chosen ones
now I belong I'm one of the beautiful ones


Marilyn Manson, You're so vain

You walked into the party like you were walking onto a yacht
Your hat strategically dipped below one eye
Your scarf it was apricot
You had one eye in the mirror as you watched yourself gavotte
And all the girls dreamed that they'd be your partner
They'd be your partner and...

You're so vain, you probably think this song is about you
You're so vain, I'll bet you think this song is about you
Don't you? Don't you?

You had me several years ago when I was still naive
You said that we made such a pretty pair
And that you would never leave
But you gave away the things you loved and one of them was me

I had some dreams, they were clouds in my coffee
Clouds in my coffee and...

You're so vain, you probably think this song is about you
You're so vain, I'll bet you think this song is about you
Don't you? Don't you?

I had some dreams, they were clouds in my coffee
Clouds in my coffee and you're so vain

Well I hear you went up to Saratoga and your horse naturally won
Then you flew your Learjet up to Nova Scotia to see the total eclipse of the sun
Well you're where you should be all the time
And when you're not you're with some underworld spy or the wife of a close friend
Wife of a close friend and...

You're so vain, you probably think this song is about you
You're so vain, I'll bet you think this song is about you
Don't you? Don't you?
You're so vain, you probably think this song is about you
You're so vain, I'll bet you think this song is about you
Don't you? Don't you?
















vendredi 20 avril 2012

Journey to the end

Je suis sans doute un peu maniaque de la correction. Peut-être que je devrais en faire un peu moins, et plus écrire. J’ai pas mal de doutes. j’ai l’impression que toutes mes histoires sont anecdotiques. j’ai du mal à rentrer dedans. À en extraire ce que je veux réellement. Je pense encore trop quand j’écris, et puis je suis maladroite et m’emmêle avec les mots. Je ne crois plus trop à mes histoires, et si je n’y crois pas, comment pourrai-je faire quoique ce soit de bon ? C’est cette confiance, et ce plaisir, que je cherche à redécouvrir, suivant le fil ténu, cette passerelle de fumée que la musique déploie entre ma conscience et l’imaginaire. L’impression paradoxale qu’il y tant d’histoires à raconter, et aucune. Je suis dépassée par le cadre, encore une chose paradoxale. Quelle histoire pourrait me porter ? Des tas que je lis, pourtant. Mais pas les miennes. Et pas si facile d’écrire chez moi. Je n’ai pas d’enfants, mais des parents... Je suis perdue, je ne trouve plus ce passage, ou bien j’ai perdu la clé, je ne sais pas exactement. Et si je ressasse cela c’est que souvent, au bout des doutes et des interrogations, je finis par la trouver, cette maudite porte. Je suis portée par un sentiment mystique qui me rend difficile toute mise en forme. Et quand je relis mes dernières nouvelles, je me demande où il est, ce sentiment. Qu’est-ce que j’en fais ? Où est-ce que je vais avec toutes ces phrases ? Le soir s’allume violemment, le vent brinquebale les nuages, ce désordre de couleurs et de vapeur convient bien à mon état d’esprit : tout n’est qu’une immense dérive désespérée, une course vers le mur, une tentative de brio final. J’écris toujours comme si j’allais mourir très bientôt. Et je crois que c’est comme cela que je dois écrire. Ce que je crains, c’est que mes écrits ne soient pas à la hauteur. Je ne peux pas faire autrement que souhaiter me perdre dans l’ivresse quand j’écoute cette chanson. Cette chanson, ou plutôt ce morceau, est une perdition en soi. Une tentative pour passer de l’autre côté. Au fond, est-ce seulement cela ? Est-ce que je veux juste mourir ? Si la mort était cette dissolution parfaite, alors oui. Mais rien ne me garantit qu’elle le soit. Je voudrais tellement simplement dire ce sentiment. Et pourtant, nouvelle contradiction - toute ma vie est faite de contradictions - c'est ce que je fais, interminablement, sans jamais me lasser. J'aimerais réussir à dire pourquoi ce morceau m'arrache à moi-même, dans une étrange sensation de fusion entre mon ressenti et celui qui appartient à ceux qui ont composé et interprété le morceau. Stephen King dit que l'écriture, c'est de la télépathie. Dans une certaine mesure, c'est sans doute valable pour tous les arts. Je ne sais pas pourquoi on ressent le besoin d'exprimer. Franchement, je n'en sais rien. Mais c'est aussi nécessaire et vital que de se nourrir. ça doit sortir, d'une manière ou d'une autre. Il y a dix ans de cela, un ami de passage m'avait dessiné comme une petite fille qui traînait derrière elle un gros sac noir. Dedans, elle y mettait "toute la peine du monde" qu'elle ramassait. Maintenant, ce n'est plus seulement la peine qui m'intéresse. Mais l'image du sac est toujours là. Un sac gonflé de trucs et de machins. Et le sac devient trop lourd. Et il continue toujours à se remplir. J'aimerais aussi, non seulement dire, mais emmener comme cette musique m'emmène. Et franchement, je ne pense pas en être capable. Mais je vais quand même continuer. C'est ça ou rien.

dimanche 25 mars 2012

De l'essentialité de l'écriture

Les écrivains se nourrissent de leurs obsessions, non ? Pas parce qu’ils le veulent, parce qu’ils pensent qu’elles sont originales, mais parce qu’elles sont des obsessions, et qu’ils ne peuvent pas dormir sans les avoir couchées sur le papier.

Aphorisme

L'aventure intérieure n'a aucune limite théorique. Alors il faut travailler à repousser celles de la vie pratique.

mercredi 14 mars 2012

La fureur de vivre

Ça commence à jouer sur mes nerfs. Toujours cette impression d’être sur le seuil de quelque chose. La musique dans mes oreilles, qui traverse, flue et reflue comme le ressac, comme une incantation chamanique. Toujours, et de plus en plus fort avec les années, ce sentiment et ce désir de repousser la réalité habituelle, faire un trou en quelque sorte, pour laisser déferler le contenu de mon esprit qui pourrait carrément remplacer l’autre réalité, celle qu’on croit partager. Je cherche cela sans relâche, au mépris de ma santé, c’est clair. Mais je me sens vivante. Seulement au bord du gouffre. Quand tout est sur le point de se briser, d’éclater. Cela m’effraie de savoir que j’ai des limites physiques quand tout le reste est aussi puissant, absolu, accablant, exaltant. Quand ça devrait consumer, ça ne fait que tuer lentement. Peut-être est-ce souhaitable. Comme ça, j’ai le temps d’écrire.

Plus le temps passe et plus je me sens séparée du reste du monde. Je ne pense à certaines choses que par pure nécessité. Mais au fond, je m’en fous. Il n’y a rien, rien, qui puisse rivaliser avec ce que je ressens maintenant. Rien. Le monde n’est qu’un vaste foutoir qu’on prétend comprendre. J’ai dans le sang des milliers de vies. Soit je suis complètement folle, soit il m’arrive de savoir me projeter hors de mon corps. Je n’arrive pas à décrire cela autrement. Le corps ne paraît alors qu’un support, ou mieux, un tremplin. Ce que je ressens n’a pas de limite physique. Je me sens tellement appartenir à ce monde... Au sens large, j’entends. L’humain n’est qu’une espèce parmi d’autres, oui. Peu importe ma spécificité, ou mon absence de spécificité. Finalement, qu’est-ce que ça change, quand on se sent basculer de l’autre côté des murs qui définissent habituellement l’espace spirituel ? Je suis de ceux qui éprouvent l’enthousiasme au sens grec, celui de la possession par le divin. Je n’y peux rien, c’est comme ça. C’est comme la foi. C’est quelque chose qui vous consume, et rend le reste de la réalité à laquelle nous sommes censé appartenir comme quelque chose de vague et nébuleux. Je veux parler du monde du travail, des factures, des conventions sociales. Pas exactement le monde matériel, non. Mais un monde contingent fabriqué de toute pièce pour la survie. Un monde de discours récités par des bons soldats. Un monde dominé par une vertu morale faite de haine, d’impuissance et de frustration. J’ai moi aussi des ressources insoupçonnées de haine, mais qui ne mènent jamais à la violence, qui me servent seulement à entretenir le feu, l’énergie, finalement, tout simplement, la fureur de vivre.

dimanche 4 mars 2012

Mince alors

Décidément, la musique ne cessera jamais de m'étonner. Même si j'ai déjà écouté ce morceau, il continue de me surprendre. L'écouter, c'est une expérience à part entière. C'est assez extraordinaire. A quoi donc pensait-il quand il l'a composé ? Des tas d'images naissent en l'écoutant, c'est une musique tellement incroyablement visuelle... Enfin, c'est génial, quoi. En plus sur cette vidéo le son est magnifique.

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